mardi 4 décembre 2012

Maudit soit le 17 mai 1997 !

La libération du peuple congolais du joug rwandais commencera d’abord en mettant hors d’état de nuire le Pouvoir Kabila
Ce jour là, la tension était perceptible à Kinshasa. Tôt le matin, on apprenait grâce à  RFI d’une part l’assassinat du Général Mahele et d’autre part le départ précipité du Président Mobutu. Chacun d’entre-nous se demandait comment la journée allait finir tant ceux qu’on appelait alors là les rebelles de l’AFDL se rapprochaient kilomètres par kilomètres de Kinshasa. Dans les après-midi, Kinshasa était enfin tombé entre les mains des rebelles…. sans vraiment combattre. Je me souviens m’être déplacé avec mon père vers le bâtiment de la Voix du Zaïre (OZRT, Office Zaïrois de Radio er Télédiffusion) afin de voir à quoi ressembler ces petits (enfants) soldats qu’on appelait communément les « kadogo ». Sur place, je n’étais pas le seul à avoir remarqué à côté de ces kadogo la présence massive des militaires de physionomie rwandaise présentés à l’époque comme des banyamulenge, une obscure population rwandaise refugiée au Kivu soi-disant depuis les années 60.

L’impression du gout amer de cette « libération » se confirmera avec la présence de nouvelles têtes toutes rwandophones du style Deogracias Bugera, Bizima Karaha et surtout la nomination par Laurent-Désiré Kabila de James Kaberebe en qualité de Chef d’Etat-Major des forces armées congolaises. Tout ce beau monde était présenté comme des congolais à la grande bénédiction du Pouvoir Kabila.

Désormais, il était clair que non seulement le pays mais aussi et surtout nos « autorités » étaient à la solde des pays étrangers (Rwanda, Ouganda et Burundi). Le 17 mai 1997, le Zaïre et tout ce qu’il représentait  mouraient pour laisser la place à la RD Congo. Le rêve du renouveau et de libération tant espéré s’est transformé en cauchemar et le pays a sombré dans l’instabilité totale et permanente qui dure maintenant plus de 15 ans. Dans le même temps, la partie Est de notre pays a payé le plus fort tribut de cette trahison par ses propres enfants : des millions de congolais ont été massacrés dans l’indifférence presque totale ; les richesses de notre sol et sous-sol exploités font la grandeur de nos voisins ; une armée congolaise invisible quand il s’agit de défendre le pays mais bien visible pour tuer, piller, violer rançonner son propre peuple. Nous avons également hérité d’autorités qui ne s’inquiètent guère du développement du pays et de son peuple. Ces indignes fils et filles de la République (ministres, députés, sénateurs, mandataires publiques, officiers, gouverneurs, etc.) sont tout aussi coupables et responsables de l’état actuel de notre pays. Ils ont choisi de se remplir les poches et de fermer les yeux à la misère du peuple congolais.

La RDC parce que non organisée est devenue vassale d’un Etat dont la taille fait de lui un des plus petits pays du continent depuis la date fatidique du 17 mai 1997 dont la commémoration est fêtée en grande pompe chaque année. Etrange que de festoyer le jour de son deuil. C’est pour cela que je maudis cette date, jour qui sacralise le début de nos malheurs.

Les soi-disant libérateurs ainsi que ceux qui les ont rejoints au cours de ces 15 dernières années doivent définitivement quitter le pays afin que la RDC renaisse. La figure caractérisant ces pseudo-libérateurs du peuple congolais est bel et bien celle de l’actuel Président de la République. Le Pouvoir Kabila père § fils nous a apporté les rwandais et toute la cohorte du chaos que notre pays connait aujourd’hui. Il m’est impensable de croire que nous pouvions lutter comme un seul homme contre les agresseurs et pilleurs rwandais du M23 sans chasser ceux qui ont conclu depuis plus de 15 ans un pacte avec le Diable en l’invitant à s’asseoir sur la table de l’exploitation illimitée du Congo et de son peuple. La libération du peuple congolais du joug rwandais et ougandais (principalement) commencera d’abord en mettant hors d’état de nuire le Pouvoir Kabila ainsi que ses représentants et dignitaires. Tant que cette classe politique qui clochardisé notre peuple sera à la tête du pays, il nous sera impossible mettre fin à l’instabilité et exploitation sans fin de notre pays.

Maudit soit le 17 mai 1997 !
Puisqu’il nous est impossible de retourner en arrière afin de changer le passé, nous pouvons cependant donner un autre cap au futur de notre pays traquant un par un et jusqu’au sommet ceux qui sont à la base de la déchéance de notre pays. Défendre le pays à leurs côtés équivaudrait un retour sans fin. L’actuel Pouvoir ainsi que l’ensemble de ses acteurs et défenseurs ont été incapables de nous apporter la stabilité et le développement dont nous rêvions en 1997. Devons-nous continuer à leur faire confiance ?

lundi 26 novembre 2012

Guerre à l’Est du Congo: le dilemme congolais


Soutenir les FARDC n'équivaut-il pas à soutenir le regime Kabila?
 Les récentes évolutions dans l’Est du pays  couronnées par la chute de la ville de Goma ont créé un choc sans précédent chez les Congolais. La mobilisation de congolais a été générale. Il y a eu tout d’abord l’indignation sur les réseaux sociaux devant l’incapacité des forces armées congolaises à combattre les agresseurs rwandais du M23. Ensuite, une manifestation « spontanée » des étudiants de Kisangani s’est soldée avec l’incendie principalement de bâtiments publics ou proches du pouvoir suivie de démonstrations un peu partout au Congo et à l’extérieur. Tous ces congolais scandaient leur opposition au projet de la balkanisation de la RDC et criaient leur colère devant l’incapacité de nos dirigeants – principalement du numéro un d’entre eux – à mettre fin à l’instabilité récurrente dans l’Est du pays.

En temps de guerre, il est normal qu’un peuple s’unisse comme un seul homme autour de son armée et de ses dirigeants afin de mettre hors d’état de nuire les envahisseurs ou encore les fauteurs de troubles. Cette situation devient compliquée lorsque le soutien à cette armée et ce désir naturel d’union contre un ennemi commun signifierait également le soutien à un régime  (actuel) non légitime. En effet, comment soutenir les FARDC – qui du reste ne manquent pas de piller, voler, tuer impunément leurs propres frères congolais sous prétexte qu’on est en guerre – sans considérer que ce soutien impliquerait automatiquement le maintien au pouvoir de l’actuel classe dirigeante incarnée par le président Joseph Kabila. C’est sans doute en fin connaisseur que Evariste Boshab, secrétaire général du parti au pouvoir, demandait à la population de se mobiliser contre les agresseurs. Ce n’est aussi pas par hasard que la RTNC – télévision et radio publique – s’est remise à diffuser les chansons révolutionnaires datant de la 2ème agression du pays en aout 1998 afin de créer ce sentiment d’union nationale. Boshab et les autres dignitaires et profiteurs du régime Kabila savent que les congolais tiennent à l’intégrité du territoire de leur pays et qu’ils ne l’abandonneraient pour rien au monde. De lors, que faire alors ? Devrons-nous espérer une victoire des FARDC en sachant que cela impliquerait automatique le maintien de Kabila ?

S’il était un fait sur quoi beaucoup de congolais commencent à tomber d’accord est la conviction que le Président Kabila n’est pas l’homme de la situation. Sa réélection douteuse combinée avec l’absence de libertés, l’enrichissement et la corruption de la classe dirigeante à côté de la misère et pauvreté sans précédent de la population fait que son bilan à la tête du pays est tout aussi nul que l’est son actuel mandat. Ne pouvant plus rien espérer de lui, le peuple n’attend plus du Président qu’il dégage. L’idéal serait que cela se fasse à travers une destitution selon les règles à travers les sénateurs et députés réunis en Congrès. Cependant, l’on ne peut s’empêcher de penser à l’incertitude que le départ précipité de Kabila pourrait engendrer dans un pays en pleine guerre. Il y aura certainement démobilisation de nos troupes ; risques de réveiller Gabriel Kyungu avec ses velléités sécessionnistes et surtout du pain béni pour les ennemis du Congo devant ce vaste chaos. De lors, que faire alors ? Un départ précipité de Kabila n’engendrerait-il pas d’autres problèmes en lieu et place d’apporter des solutions ?

Difficile de choisir devant ce dilemme parce que beaucoup d’entre nous sont partagés entre le désir de défendre notre pays et la conviction que des têtes – en commençant par celui du numéro un – devrait tomber. Quant à moi, je suis pour non seulement la mise hors d’état de nuire des agresseurs du M23 et de leurs bailleurs mais aussi de celui qui incarne la déchéance du géant RDC : Joseph Kabila. En effet, rien ne nous empêche de penser tout haut et de se dire que l’actuel Président conscient de ses faiblesses chroniques et son incapacité notoire aurait choisi d’entretenir l’insécurité dans l’Est du pays afin de se maintenir indéfiniment au pouvoir.

Il est vrai qu’un scénario catastrophe est possible, résultant du départ de Kabila mais de l’autre côté, le risque est à prendre d’une part parce que ce Kabila ne peut plus rien prouver au peuple congolais. D’autre part, le risque est à prendre parce que j’ai confiance en notre peuple et en notre désir profond de rester uni, de vivre ensemble malgré nos différences. En effet, si les congolais ne formaient pas une nation, il y a longtemps que ce pays serait morcelé en plusieurs territoires indépendants afin de donner raison à ceux qui veulent balkaniser notre pays.

La nation congolaise existe, c’est cela notre force : Non aux M23 et leurs alliés rwandais et ougandais! Kabila dégage !

vendredi 23 novembre 2012

Messieurs les honorables députés et sénateurs, prenez (enfin) vos responsabilités


La décontraction du Président congolais alors que la RDC est agressée par ses voisins dont le Rwanda et l'Ouganda a étonné.
 La majorité des congolais ont vécu la chute de Goma comme une énième humiliation et la conséquence d’une incapacité chronique de notre armée à défendre l’intégrité territoriale de notre pays face à une agression étrangère soutenue en partie par des complicités internes. A Kisangani, la chute de Goma a engendré une frustration qui a conduit des jeunes à désigner comme coupable la Monusco et l’actuel parti au pouvoir, le PPRD. Cette soudaine prise de conscience m’a fort surpris puisque nous, les congolais, sommes très souvent propices à (toujours) désigner les responsabilités à l’extérieur en lieu et place de nous remettre en question.

Et cette remise en question devrait commencer par le haut incarné par le Président Joseph Kabila Kabange qui, en plus de 10 ans au pouvoir, a été incapable de mettre fin à l’instabilité et insécurité à l’est du pays. Le manque de charisme, l’absence de vision, sa trop grande discrétion n’a fait que croître en nous le doute qu’il n’est pas à la taille de la situation. Récemment, c’est son attitude ambiguë a poussé plus d’un congolais à croire que celui-ci joue en réalité un double jeu. Il a été de former une armée congolaise vraiment républicaine en paupérisant des hommes en arme censé protéger la population mais contraint à considérer leur peuple, les civils que nous sommes comme leurs « bilanga ». Pendant ce temps, les hauts gradés se remplissent les poches tout en traitant avec les ennemis. Le rapport des nations unies sur le rôle joué par le numéro deux des FARDC – proche de Kabila – accusé de vendre des armes aux rebelles dans l’Est est un secret de polichinelle que le Président Kabila ne feindra pas de l’apprendre.

Aujourd’hui, l’espoir de la nation est en partie entre les mains des députés et sénateurs qui doivent enfin se montrer digne de l’honorabilité qu’ils réclament. Le Président a montré ses limites, ses faiblesses face aux ennemis de la Nation congolaise. Il n’y a aucune constance avec le Président si ce n’est dans la médiocrité. Nous en sommes obligés à regretter l’époque du Grand Zaïre et à être nostalgique du Président Mobutu malgré sa dictature. Mzee Laurent-Désiré Kabila retournerait dans sa tombe en voyant la situation de notre pays. Nous ne pouvons plus continuer à nous contenter des solutions de « quado » alors que le pneu est troué et qu’il faut le changer. Attendre encore 4 ans supplémentaire signifierait condamner notre grand pays à vivre comme vassal d’un Etat minuscule qui n’a de grandeur que grâce à la bêtise et complicité de certains de nos dirigeants.

Aujourd’hui, messieurs les députés et sénateurs vous devriez vous montrer digne des émoluments mensuels mirobolants que vous recevez. Il est temps de se désolidariser de Kabila qui a montré ses limites sinon vous vous serez rendus complices de la destruction et de la déchéance de notre nation. Pour ce faire, l’exemple montré par les députés provinciaux du Bas-Congo et de la Province Orientale – en élisant les Gouverneurs qu’ils pensaient au mieux développer et défendre les intérêts de leurs provinces – est source d’inspiration.
Honorables, le pays risque d’aller à sa perte puisque certains de nos compatriotes qui malgré la haine du Rwanda risquent de grossir les rangs du M23 à cause de leur aversion du pouvoir en place. Trouvez-vous normal que l’on remette l’avenir de notre pays entre les mains des étrangers qui nous pillent ; ont souillé nos mamans, nos femmes et nos filles ;  tué nos papas et ont fait de nos enfants des soldats. Non, un Président aussi faible au point de capituler devant l’ennemi, de dialoguer avec nos bourreaux n’est pas digne d’être à la tête de la RDC.

Aujourd’hui, nous n’avons que faire des slogans du style « révolution de modernité » ou encore « 5 chantiers en marche» qui n’ont pour but d’assurer la longévité d’une classe de dirigeants avide de belles promesses et experte en business sur la misère de la population. L’heure n’est plus aux paroles mais aux actes et surtout au courage de faire enfin un geste dont vous seriez fiers toute votre vie parce que vous aurez enfin tenté de faire passer les intérêts de la nation au premier plan et au détriment d’intérêts égoïstes et individuels.

Le destin de notre pays est d’être une grande nation au cœur de l’Afrique. La place que nous occupons depuis ces 15 dernières années n’est pas digne de nous. La RDC est devenue, aujourd’hui, la risée du monde. Un pays béni pour les étrangers et maudit pour sa population puisque les richesses de notre sol et sous-sol ne servent qu’à développer nos voisins et à enrichir une infime minorité de congolais.
Aujourd’hui, honorables députés et sénateurs, soyez enfin digne de vous regarder devant le miroir en faisant le choix de destituer le Président Joseph Kabila Kabange. Un aussi grand pays ne peut plus se contenter des ambitions d’un Président qui n’en a pas.