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| La libération du peuple congolais du joug rwandais commencera d’abord en mettant hors d’état de nuire le Pouvoir Kabila |
Ce jour là, la tension était perceptible à Kinshasa. Tôt le matin, on apprenait grâce à RFI d’une part l’assassinat du Général Mahele et d’autre part le départ précipité du Président Mobutu. Chacun d’entre-nous se demandait comment la journée allait finir tant ceux qu’on appelait alors là les rebelles de l’AFDL se rapprochaient kilomètres par kilomètres de Kinshasa. Dans les après-midi, Kinshasa était enfin tombé entre les mains des rebelles…. sans vraiment combattre. Je me souviens m’être déplacé avec mon père vers le bâtiment de la Voix du Zaïre (OZRT, Office Zaïrois de Radio er Télédiffusion) afin de voir à quoi ressembler ces petits (enfants) soldats qu’on appelait communément les « kadogo ». Sur place, je n’étais pas le seul à avoir remarqué à côté de ces kadogo la présence massive des militaires de physionomie rwandaise présentés à l’époque comme des banyamulenge, une obscure population rwandaise refugiée au Kivu soi-disant depuis les années 60.
L’impression du gout amer de cette « libération » se confirmera avec la présence de nouvelles têtes toutes rwandophones du style Deogracias Bugera, Bizima Karaha et surtout la nomination par Laurent-Désiré Kabila de James Kaberebe en qualité de Chef d’Etat-Major des forces armées congolaises. Tout ce beau monde était présenté comme des congolais à la grande bénédiction du Pouvoir Kabila.
Désormais, il était clair que non seulement le pays mais aussi et surtout nos « autorités » étaient à la solde des pays étrangers (Rwanda, Ouganda et Burundi). Le 17 mai 1997, le Zaïre et tout ce qu’il représentait mouraient pour laisser la place à la RD Congo. Le rêve du renouveau et de libération tant espéré s’est transformé en cauchemar et le pays a sombré dans l’instabilité totale et permanente qui dure maintenant plus de 15 ans. Dans le même temps, la partie Est de notre pays a payé le plus fort tribut de cette trahison par ses propres enfants : des millions de congolais ont été massacrés dans l’indifférence presque totale ; les richesses de notre sol et sous-sol exploités font la grandeur de nos voisins ; une armée congolaise invisible quand il s’agit de défendre le pays mais bien visible pour tuer, piller, violer rançonner son propre peuple. Nous avons également hérité d’autorités qui ne s’inquiètent guère du développement du pays et de son peuple. Ces indignes fils et filles de la République (ministres, députés, sénateurs, mandataires publiques, officiers, gouverneurs, etc.) sont tout aussi coupables et responsables de l’état actuel de notre pays. Ils ont choisi de se remplir les poches et de fermer les yeux à la misère du peuple congolais.
Les soi-disant libérateurs ainsi que ceux qui les ont rejoints au cours de ces 15 dernières années doivent définitivement quitter le pays afin que la RDC renaisse. La figure caractérisant ces pseudo-libérateurs du peuple congolais est bel et bien celle de l’actuel Président de la République. Le Pouvoir Kabila père § fils nous a apporté les rwandais et toute la cohorte du chaos que notre pays connait aujourd’hui. Il m’est impensable de croire que nous pouvions lutter comme un seul homme contre les agresseurs et pilleurs rwandais du M23 sans chasser ceux qui ont conclu depuis plus de 15 ans un pacte avec le Diable en l’invitant à s’asseoir sur la table de l’exploitation illimitée du Congo et de son peuple. La libération du peuple congolais du joug rwandais et ougandais (principalement) commencera d’abord en mettant hors d’état de nuire le Pouvoir Kabila ainsi que ses représentants et dignitaires. Tant que cette classe politique qui clochardisé notre peuple sera à la tête du pays, il nous sera impossible mettre fin à l’instabilité et exploitation sans fin de notre pays.
Maudit soit le 17 mai 1997 !
Puisqu’il nous est impossible de retourner en arrière afin de changer le passé, nous pouvons cependant donner un autre cap au futur de notre pays traquant un par un et jusqu’au sommet ceux qui sont à la base de la déchéance de notre pays. Défendre le pays à leurs côtés équivaudrait un retour sans fin. L’actuel Pouvoir ainsi que l’ensemble de ses acteurs et défenseurs ont été incapables de nous apporter la stabilité et le développement dont nous rêvions en 1997. Devons-nous continuer à leur faire confiance ?


