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| Soutenir les FARDC n'équivaut-il pas à soutenir le regime Kabila? |
En temps de guerre, il est normal qu’un peuple s’unisse comme un seul homme autour de son armée et de ses dirigeants afin de mettre hors d’état de nuire les envahisseurs ou encore les fauteurs de troubles. Cette situation devient compliquée lorsque le soutien à cette armée et ce désir naturel d’union contre un ennemi commun signifierait également le soutien à un régime (actuel) non légitime. En effet, comment soutenir les FARDC – qui du reste ne manquent pas de piller, voler, tuer impunément leurs propres frères congolais sous prétexte qu’on est en guerre – sans considérer que ce soutien impliquerait automatiquement le maintien au pouvoir de l’actuel classe dirigeante incarnée par le président Joseph Kabila. C’est sans doute en fin connaisseur que Evariste Boshab, secrétaire général du parti au pouvoir, demandait à la population de se mobiliser contre les agresseurs. Ce n’est aussi pas par hasard que la RTNC – télévision et radio publique – s’est remise à diffuser les chansons révolutionnaires datant de la 2ème agression du pays en aout 1998 afin de créer ce sentiment d’union nationale. Boshab et les autres dignitaires et profiteurs du régime Kabila savent que les congolais tiennent à l’intégrité du territoire de leur pays et qu’ils ne l’abandonneraient pour rien au monde. De lors, que faire alors ? Devrons-nous espérer une victoire des FARDC en sachant que cela impliquerait automatique le maintien de Kabila ?
S’il était un fait sur quoi beaucoup de congolais commencent à tomber d’accord est la conviction que le Président Kabila n’est pas l’homme de la situation. Sa réélection douteuse combinée avec l’absence de libertés, l’enrichissement et la corruption de la classe dirigeante à côté de la misère et pauvreté sans précédent de la population fait que son bilan à la tête du pays est tout aussi nul que l’est son actuel mandat. Ne pouvant plus rien espérer de lui, le peuple n’attend plus du Président qu’il dégage. L’idéal serait que cela se fasse à travers une destitution selon les règles à travers les sénateurs et députés réunis en Congrès. Cependant, l’on ne peut s’empêcher de penser à l’incertitude que le départ précipité de Kabila pourrait engendrer dans un pays en pleine guerre. Il y aura certainement démobilisation de nos troupes ; risques de réveiller Gabriel Kyungu avec ses velléités sécessionnistes et surtout du pain béni pour les ennemis du Congo devant ce vaste chaos. De lors, que faire alors ? Un départ précipité de Kabila n’engendrerait-il pas d’autres problèmes en lieu et place d’apporter des solutions ?
Difficile de choisir devant ce dilemme parce que beaucoup d’entre nous sont partagés entre le désir de défendre notre pays et la conviction que des têtes – en commençant par celui du numéro un – devrait tomber. Quant à moi, je suis pour non seulement la mise hors d’état de nuire des agresseurs du M23 et de leurs bailleurs mais aussi de celui qui incarne la déchéance du géant RDC : Joseph Kabila. En effet, rien ne nous empêche de penser tout haut et de se dire que l’actuel Président conscient de ses faiblesses chroniques et son incapacité notoire aurait choisi d’entretenir l’insécurité dans l’Est du pays afin de se maintenir indéfiniment au pouvoir.
Il est vrai qu’un scénario catastrophe est possible, résultant du départ de Kabila mais de l’autre côté, le risque est à prendre d’une part parce que ce Kabila ne peut plus rien prouver au peuple congolais. D’autre part, le risque est à prendre parce que j’ai confiance en notre peuple et en notre désir profond de rester uni, de vivre ensemble malgré nos différences. En effet, si les congolais ne formaient pas une nation, il y a longtemps que ce pays serait morcelé en plusieurs territoires indépendants afin de donner raison à ceux qui veulent balkaniser notre pays.
La nation congolaise existe, c’est cela notre force : Non aux M23 et leurs alliés rwandais et ougandais! Kabila dégage !

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